Parce que je roule souvent en voiture, pour travailler, pour partir en vacances, pour aller voir des amis, pour faire des courses chez Ikéa, pour aller dans la forêt de Fontainebleau, pour…

Il y a avant tout ces longs rubans de centaines de kilomètres, à plat, puis ces ouvrages qui donnent une verticalité, véritables sculptures géantes abstraites quand on s’approche des villes. Le plus souvent, on les appelle des échangeurs mais il y a aussi les bretelles, les tunnels, les ponts, les toboggans…

On passe, on traverse, on prend, on ne regarde pas, parce qu’on trouve ça laid. Je ne sais pas. A force de croiser régulièrement ces édifices, ils ont fini par me devenir familiers à moitié vivants. Ils changent, se transforment mais toujours immobiles avec parfois une grande force qui leur donne du caractère. Alors je les prends en photo, depuis longtemps.

Quand le temps a tout détruit sur un territoire et que les archéologues veulent savoir ou chercher, ils prennent des photos depuis le ciel. Sur les images on voit ce qui reste, le tracé des routes. Mêmes très anciennes et impraticables, on repère leurs fantômes révélés par l’organisation de l’espace. Quand tout a disparu, les routes restent la seule trace de la présence des humains.

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